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Les chiffres clés des RPS en 2026

Mis à jour le 10 avril 2026·5 min de lecture

JA

Julien Aboukrat

Associé, Directeur Technique Atreebu

Relu par Éléonore Aboukrat Bourdon

Mis à jour le 10 avril 2026

Les risques psychosociaux ne sont plus un sujet émergent. Ce sont désormais la première cause d'arrêts de longue durée en France, devant les TMS. Les chiffres qui suivent sont issus des baromètres et études publiés entre 2024 et 2026. Ils servent de base à tout diagnostic RPS sérieux et à tout argumentaire de prévention auprès d'une direction.

Prévalence et état de santé psychologique

42 % des salariés en détresse psychologique ne se manifestent jamais auprès de leur employeur (Empreinte Humaine / OpinionWay, 2024). Ce chiffre signifie que dans une PME de 100 personnes, 15 à 20 salariés sont potentiellement en souffrance sans que la direction le sache.

43 % des salariés se déclarent en situation de mal-être modéré à élevé. Le taux grimpe à 50 % chez les managers et à 60 % dans le secteur public (baromètre Ekilibre, 2025).

1 salarié sur 5 souffre de problèmes de santé mentale liés au travail. 12 000 accidents liés aux RPS sont reconnus chaque année par la Sécurité sociale.

45 % des salariés estiment que leurs efforts ne sont pas récompensés — c'est le déséquilibre effort/récompense mesuré par le modèle de Siegrist.

Absentéisme : les chiffres structurels

4,8 % : taux d'absentéisme dans le secteur privé en 2025, soit 50 % de plus qu'en 2019 (Datascope AXA, 2026). Concrètement, sur 100 jours théoriquement travaillés, près de 5 sont perdus.

5,1 % : taux mesuré par WTW sur un panel de 430 000 salariés, en hausse de 3 % par rapport à 2023. Le taux a progressé de 34 % depuis 2019.

23,3 jours : durée moyenne d'absence par salarié arrêté en 2024 (Ayming), soit 11 jours de plus qu'il y a dix ans.

35 % des salariés se sont arrêtés au moins une fois dans l'année.

6 % des arrêts dépassent 90 jours, mais ces arrêts longs représentent 57 % du volume total d'absentéisme (contre 48 % en 2019). Ce sont eux qui plombent les organisations.

Les RPS, première cause des arrêts longs

36 % des arrêts de longue durée sont liés aux risques psychosociaux en 2024 (WTW). Stress chronique, burn-out et dépression pèsent désormais plus lourd que les TMS dans les statistiques d'absence longue durée.

Les troubles psychologiques sont la première cause d'arrêts longs jusqu'à 55 ans (Datascope AXA, 2026). Après 55 ans, les pathologies chroniques prennent le relais.

La hausse est particulièrement marquée chez les jeunes : 105 arrêts pour 100 salariés de moins de 30 ans en 2025. Et chez les cadres : +8 % d'absentéisme en 2025, après +9 % en 2024.

Le coût pour les entreprises

108 à 120 milliards d'euros : coût annuel global de l'absentéisme pour les entreprises françaises, selon les estimations (Ayming, WTW). Ce montant inclut les coûts directs (maintien de salaire, indemnités journalières) et indirects (désorganisation, surcharge des présents, perte de productivité).

21 milliards d'euros d'indemnités journalières versées par la Sécurité sociale en 2024 (DREES).

4 000 € : coût moyen de l'absentéisme par salarié et par an (Ayming). Pour une PME de 100 personnes, cela représente 400 000 €. Les coûts cachés (présentéisme, turnover, désengagement) multiplient ce chiffre par 3 à 5.

14 580 € : coût annuel du désengagement par salarié, toutes causes confondues (IBET, Mozart Consulting). C'est le présentéisme — les salariés qui sont là sans y être vraiment.

45 000 € : coût moyen d'un arrêt de longue durée pour l'entreprise, en intégrant le remplacement et la perte de productivité.

Secteurs et populations les plus touchés

Les trois secteurs avec le taux d'absentéisme le plus élevé restent les mêmes depuis 2023 : la santé humaine et l'action sociale (8,5 %), l'hébergement et la restauration (8 %), et le transport et entreposage (6,8 %).

Par catégorie socioprofessionnelle : les ouvriers affichent le taux le plus élevé (7,37 %), devant les employés (6,79 %). Les cadres restent les moins touchés (2,37 %) mais leur progression est la plus rapide.

Les femmes sont davantage concernées (6,7 % contre 5,4 % pour les hommes). Les moins de 25 ans citent la fatigue et la surcharge comme premier motif d'arrêt dans 48 % des cas.

Ce que ces chiffres signifient pour une PME

Les moyennes nationales masquent des réalités très différentes d'une entreprise à l'autre. Un taux d'absentéisme de 3 % n'est pas rassurant si 40 % des salariés sont en situation de présentéisme. Un taux de 7 % concentré sur un seul service pointe un problème organisationnel localisé, pas un malaise généralisé.

C'est pour cette raison qu'un diagnostic structuré mesure les facteurs de risque par unité de travail et les compare aux médianes nationales sur les 13 indicateurs validés. Sans cette granularité, les chiffres nationaux restent des abstractions. Avec, ils deviennent des leviers d'action.

Le simulateur de coût RPS vous permet d'estimer l'impact spécifique pour votre entreprise, à partir de votre effectif et de votre taux d'absentéisme. Pour comprendre le retour sur investissement d'une démarche de prévention, les études convergent vers un ratio de 2 à 13 € récupérés par euro investi.


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